De la "musique urbaine marocaine ", c'est ainsi qu'Ahmed Soultan se
plaît à appeler ses créations.
Et il a parfaitement raison. Dans
son premier album, qui vient de sortir
récemment, cet artiste en herbe nous fait découvrir une musique où les
influences marocaines et arabes se mélangent agréablement aux notes
occidentales, de la Pop en particulier, "Tolérance" est le titre de ce
premier album, que le jeune Ahmed Soultan a amoureusement peaufiné avant sa
présentation au public. Et le résultat est là.
En effet, à l'écoute de
l'album, on se retrouve littéralement transporté par la vague de sensations
toutes neuves dont nous emplit son univers musical.
Novateur est décidémment
le mot qui convient pour décrire cet artiste. En effet, tout en écoutant
l'album, on ne saurait paradoxalement le classer dans quelque registre
musical.
L'originalité est décidément le maître mot chez Ahmed Soultan,
dont le parcours est tout aussi singulier. Né au Maroc, dans un village de la
région de Souss, notre artiste a passé ses plus jeunes années en France,
ponctuées par des retours réguliers dans son pays d'origine, où il baigne dans
la culture surf.
Une fois ses études terminées, il décide de retrouver
définitivement son Maroc natal. Ne témoignant d'abord que de peu d'intérêt pour
la musique, son ouverture d'esprit et sa curiosité le poussent tout de même à
faire naître quelques accords sur une guitare empruntée au hasard d'une
rencontre.
Mais c'est en 1997 que s'affirme son penchant artistique.
C'est en effet à cette époque qu'Ahmed Soultan croise le chemin de deux amis
rencontrés sur les bancs de l'école, formant aujourd'hui le groupe
"Afrodisiac".
C'est à leurs côtés qu'il apprendra les rouages du métier,
découvrant ainsi l'envers du décor . Cette rencontre se révélera décisive
et marquera un tournant radical dans sa conception artistique. Voulant aller
jusqu'au bout de son rêve, Ahmed a même décidé de monter son propre studio à Agadir, où il a enregistré son
album, dont la première maquette était prête depuis mai 2000.
Quelques
années plus tard, Ahmed Soultan nous livre le fruit de son travail
acharné.
A chaque morceau de l'album, Ahmed Soultan se livre un peu plus.
Aussi le découvrirons-nous enjoué, mélancolique ou encore critique, tant son
identité imprègne ses créations : " J'ai toujours été patriote.
J'aimerai faire partie de la vitrine du pays ", aime-t-il à rappeler. Bien que
n'étant pas ce que l'on appelle communément un artiste engagé, Ahmed Soultan tente cependant d'éveiller les consciences en
prônant la tolérance : " c'est en fait l'album en lui-même qui représente un
espace de tolérance", nous confie-t-il.
Puisque notre artiste a essayé
de mettre un maximum de choses différentes, paradoxales, et qui ont pourtant
réussi à cohabiter. Cet habile mélange d'influences ose des textes en arabe
posés sur des tempos occidentaux, offrant ainsi de nouveaux horizons à la
musique marocaine.
Le musicien Malek qui est également directeur
artistique de Platinium, la maison qui produit Soltane, nous confie
d'ailleurs au sujet de cet artiste en herbe : "c'est un vrai musicien.
C'est quelqu'un qui a une réelle maturité créatrice. Il a d'ailleurs
passé beaucoup de temps en studio à peaufiner son album. Il a la qualité de
vouloir se rapprocher de la perfection ".
Un perfectionniste, doublé d'un
original, la nature de cet artiste apparaît d'ailleurs sans façons à travers ses
créations.
La sortie du premier album d'Ahmed Soultan était ponctuée par
le lancement d'un site Internet de l'artiste. Ce dernier nous a
d'ailleurs confié qu'il avait, depuis, reçu plus de 850 messages, auxquels il a
répondu.
Côté pratique, l'album en CD coûte quarante-neuf dirhams. Une
autre version encore moins chère doit sortir très prochainement. L'artiste veut
en effet que son album soit à la portée de tous. " L'essentiel pour moi c'est de
diffuser ma musique ".
Côté nouveautés, Ahmed Soultan part bientôt pour
le Sénégal où il compte "ré explorer l'africanité du Maroc", en enregistrant un
duo avec le chanteur sénégalais King Bara. Notre artiste a décidément de la
suite dans les idées.