
A 17 ans, Nabyla Maan est auteur-compositeur-interprète. Native de Fes,
Nabyla Maan vient de lancer un premier album intitulé «D’nya». Produit par la
maison de disques Platinium Music, il contient 11 chansons et un bonus track en
duo avec Omar Sayed de Nass El Ghiwane. En chantant «Allah ya moulana», ce sont
deux générations de musiciens qui se côtoient.
Rien de surprenant puisque le groupe légendaire de Hay Mohammadi fait partie
de ses références musicales. Autres chansons, autres sonorités. C’est le cas
d’Essinya, reprise à la sauce techno. Une approche originale qui révèle en même
temps toute la richesse du legs «ghiwanesk». C’est «Hina kalat», chanson écrite
par le père de Nabyla Maan, qui fait jaillir l’inventivité de la chanteuse.
La poésie et la qualité des arrangements font du texte l’un des tubes de
cette production. Pour l’auteur-compositeur Malek, qui est aussi directeur
artistique de Platinium, Nabyla Naam a le même profil artistique que la
chanteuse Saïda Fikri.
L’approche est évidemment différente, en raison notamment de leur identité
musicale spécifique. Rythmes maghrébo-orientaux et mélodies rock bluesy
s’entremêlent en harmonie. Dans l’ensemble, l’album offre une palette musicale
variée et homogène. Le mélange des genres, voilà à notre sens le point fort de
cet opus.
Les amateurs de World Music seront servis. Soulignons à cet égard qu’on
assiste ces dix dernières années à l’émergence d’une nouvelle vague de
musiciens. La touche expérimentale est une caractéristique majeure de leurs
compositions. Ils réinventent ainsi le patrimoine musical en y intégrant des
sonorités inspirées des quatre coins du monde. A titre d’exemple, le groupe
Dayzine, qui n’hésite pas à marier, entre autres, malhoune et reggae. Une
formation très créative primée notamment lors de l’édition 2003 du Festival des
jeunes musiciens de Casablanca.